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	<title>Le Vosgien du Net &#187; Elle</title>
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	<description>Parce que la vérité n'est pas toujours bonne à dire</description>
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		<title>Retiens-toi !</title>
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		<comments>http://levosgien.net/2008/07/14/retiens-toi/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 22:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Elle]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Ca fait longtemps que j'explore son territoire. Elle n'est pas facile à saisir, tu le sais maintenant, je t'écris de temps en temps pour te donner de ses nouvelles mais pas trop. Je voudrais pas que tu tombes amoureux toi aussi parce que si tout le monde s'y met elle va finir par le trouver, le bon. Déjà que l'homme le plus beau du monde a enfin mis les voiles et que je l'ai pour moi tout seul, ce serait dommage que je me grille en te la refilant, comme un bon tuyau.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><strong>EDIT</strong> : <em>Je dois à la postérité quelques ajustements, la fin de ce texte est mauvaise, je me suis un peu laissé emporté, je crois, par un peu de mauvaise foi.</em></p>
	<p>Ca fait longtemps que j&#8217;explore son territoire. Elle n&#8217;est pas facile à saisir, tu le sais maintenant, je t&#8217;écris de temps en temps pour te donner de ses nouvelles mais pas trop. Je voudrais pas que tu tombes amoureux toi aussi parce que si tout le monde s&#8217;y met elle va finir par le trouver, le bon. Déjà que l&#8217;homme le plus beau du monde a enfin mis les voiles et que je l&#8217;ai pour moi tout seul, ce serait dommage que je me grille en te la refilant, comme un bon tuyau.</p>
	<p><span id="more-12"></span></p>
	<p>Il a mis les voiles, c&#8217;est une chose, mais il n&#8217;a pas complètement dégagé le plancher l&#8217;animal, le souvenir est tenace, elle s&#8217;accroche. Régulièrement elle retombe en mélancolie (Maupassant disait que c&#8217;était un truc noir la mélancolie, moi je dirais plutôt que ça a une chemise prune, mais c&#8217;est un avis personnel et je ne me risquerais pas à chatouiller Maupassant sans une bonne raison) et pour l&#8217;en sortir c&#8217;est juste pas possible. Il y a bien les restos mais c&#8217;est qu&#8217;on est devenus pointilleux elle et moi. Que des étoiles (bon c&#8217;est vrai qu&#8217;ici, à la préfecture on a pas beaucoup d&#8217;étoiles, alors on écume les gastros et on a vite fait le tour, tiens, tu sais que sans le savoir on a eu la chance de tétatéter pour la Saint-Valentin, elle déguisée en impératrice et moi en pingouin, dans le seul étoilé du coin ? N&#8217;empêche c&#8217;était chié, la vache si c&#8217;était chié, ce qu&#8217;on s&#8217;est mis, l&#8217;overdose de trucs trop bons, je te refile pas l&#8217;adresse parce que tu mérites pas et tu risquerais de me l&#8217;inviter dans le dos sale con que tu peux être quand tu t&#8217;y mets) des balades en bord de Seille à faire de la balançoire (truc de ouf la balançoire, tu sais les puces de quand tu étais petit, en plastique, bombées, que tu retournais comme des chaussettes et que tu posais quelque part en attendant qu&#8217;elles claquent et sautent en l&#8217;air ? Ben pareil, en plus grand et en très accroché avec des chaînes. Évidemment ça c&#8217;est une image d&#8217;elle, la puce, l&#8217;imagination c&#8217;est son truc, la pédagogie aussi. Pour m&#8217;expliquer les trucs simples que je ne comprend pas) il y a de la place pour deux, j&#8217;ai fini par oser la toucher.</p>
	<p>Après toutes ces années, je pouvais non ? L&#8217;effleurer seulement, caresser le doux de sa peau ? La protéger des agressions de la vie, pas qu&#8217;elle s&#8217;abîme. Mais tu es trop forte pour ça, tu n&#8217;as pas besoin de moi, tu es bien plus forte que moi d&#8217;ailleurs. Je sais que c&#8217;est ce que tu crois. Puis il y a eu la pluie, le torrent purificateur, la saucée mémorable, de celles que tu n&#8217;as qu&#8217;une fois, perdu au milieu de la nature, à plusieurs minutes de marche de ta voiture, sans abris, sans arbre, sans veste, sans idée géniale de Mac-Guyver de l&#8217;amour pour l&#8217;empêcher de se liquéfier de se dissoudre, de disparaître, son mètre cinquante emporté par le torrent dans les égouts de la ville&#8230; donc trempés, bien trempés même, dégoulinant. Alors je l&#8217;ai attrapée, soulevée et elle m&#8217;a demandé ce que je faisais. Tiens oui d&#8217;ailleurs qu&#8217;est-ce que je fais là ? Rien. Je te soulève, te porte, te transporte et j&#8217;essaie de me rapprocher de toi. Je te repose. Viens, faut qu&#8217;on rentre, essaye de pas trop mouiller les sièges, tu veux pas te mettre nue ? Non. Je me disais aussi.</p>
	<p>Alors il y a eu la serviette, la tentative de bisou qui rippe et qui rate (qu&#8217;est-ce que tu fais, là, Pierrot ? On avait dit non, on avait dit &#8220;pas toi&#8221;, on avait dit que tu insistais pas et on avait dit aussi qu&#8217;on s&#8217;aimait beaucoup pour toute la vie), le retour, l&#8217;angoisse de la pneumonie, l&#8217;air con quoi.</p>
	<p>Et après c&#8217;est la grande accélération, Service Volontaire Européen prévu depuis des semaines en Roumanie qui se déroulera en Espagne mais plus tard que prévu, le déménagement mais sa présence pendant encore quelques mois mais en fait non c&#8217;est tout de suite qu&#8217;elle part pour l&#8217;été. Elle est SDF, je les héberge, elle, son chat et son yukka et je me rend compte du malheur que c&#8217;est d&#8217;avoir un clic-clac au salon. La grande réorganisation, les choses qu&#8217;on trie, qu&#8217;on laisse, qu&#8217;on donne, qu&#8217;on abandonne, qu&#8217;on prend et celles dont on se débarrasse. Et le repas, dans un fast-food de pâtes dégueulasses et qui tachent les chemises blanches. Et le petit geste amoureux, l&#8217;énième tentative (qu&#8217;est-ce que tu fais, là, Pierrot ? Tu peux pas je t&#8217;ai dit, retiens toi !)</p>
	<p>Retiens-toi.</p>
	<p>Je suis un sage qui a décidé de ne pas devenir prêtre mais qui endure le séminaire. Retiens-toi ! Je veux te dire que je t&#8217;aime. Retiens-toi ! Je veux te dire que j&#8217;ai envie de toi. Retiens-toi ! Je veux te toucher, te masser, te caresser. Retiens-toi ! Je veux tout plaquer pour te suivre. Eh bien fais le. Ou ne le fais pas. (Diiiis Pierrot, tu m&#8217;emmènes au bord de la mer ? Diiiiis Pierrot, tu viens avec moi à Vladivostock ? Diiiis Pierrot, tu m&#8217;accompagnes en Grèce ? Diiiis Pierrot, tu viens avec nous faire ce stage de théatre toulabas ? Diiiis Pierrot, maintenant que tu m&#8217;as dit que j&#8217;avais un lit chez toi, je suis ta nouvelle colloc hein, je peux revenir quand je veux ?) Non, non, non, nooooooooon ! Mais&#8230; tu es un lâche, tu le sais ?</p>
	<p>Je veux des oeufs à la neige, des éclairs au chocolat, des profiteroles, du pain, du munster qui PUE, des kilos de saucisses, des hectolitres de vin, des mètres cube de champagne, des forêts de pâtes, des montagnes de pâtisseries, je dois finir mon assiette, finir mes plats, finir LES plats, rien ne doit rester, je suis la poubelle, le grand nettoyeur, l&#8217;ultime aspirateur à bouffe, le grand ordonnateur de la propreté culinaire&#8230; (ton régime vains Dieux, les quinze kilos que tu as réussi à perdre, déconne pas, RETIENS-TOI !)</p>
	<p>Jusqu&#8217;à maintenant c&#8217;était moi qui avait fixé les limites de ce que je pouvais dire, de ce que je devais faire, de ce que j&#8217;estime être politiquement correct, socialement acceptable. J&#8217;ai beaucoup de limites sociales. Je veux être parfait. Donner l&#8217;illusion de cette sagesse et qu&#8217;on m&#8217;apprécie pour ça.</p>
	<p>Eh, tu sais quoi ? J&#8217;ai réussi. Tu veux une preuve ? J&#8217;ai des Werter&#8217;s Original&#8217;s dans ma voiture et bien tous ceux qui montent dedans les voient et me disent, Ouaaaaaaaaaaah des Werter&#8217;s Original&#8217;s, je peux en prendre un dis, c&#8217;est comme dans la pub, ça fait trop de souvenirs (et là tu entends le&#8230; &#8220;Comme mon Grand Père&#8230;&#8221;)</p>
	<p>Toi, je n&#8217;en peux plus de te parler, je ne veux plus nous entendre, je me sens mauvais, je n&#8217;ai plus d&#8217;idées, je ne sais plus quoi te dire, je me répète et je déteste ça. Je voudrais simplement être comme les autres. Désolée Pierrot, pas toi, je préfère que tu soies toi, que tu souffres et que tu m&#8217;aimes, alors, retiens-toi !</p>

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		<title>La chaudière</title>
		<link>http://levosgien.net/2007/05/01/la-chaudiere/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2007 12:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques d'une mort annoncée]]></category>
		<category><![CDATA[Elle]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Je crois que ma chaudière est en train de mourir. Je loue un petit appartement dans un chouette petit village de la Moselle à quelques kilomètres de la préfecture. L'appartement se situe sur des pentes calcaires (au point d'ailleurs qu'on en fait des carrières, les "fameuses" pierres de Jaumont, de couleur jaune soleil). C'est exactement le genre de région que les vendeurs et les fabricants de chaudières aiment par dessus tout. La garantie de changer au moins une pièce importante tous les deux ans selon la bonne volonté des habitants à sur-consommer des planètes entières d'eau chargée en quantités macroscopiques de carbonate de calcium.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p>Je crois que ma chaudière est en train de mourir. Je loue un petit appartement dans un chouette petit village de la Moselle à quelques kilomètres de la préfecture. L&#8217;appartement se situe sur des pentes calcaires (au point d&#8217;ailleurs qu&#8217;on en fait des carrières, les &#8220;fameuses&#8221; pierres de Jaumont, de couleur jaune soleil). C&#8217;est exactement le genre de région que les vendeurs et les fabricants de chaudières aiment par dessus tout. La garantie de changer au moins une pièce importante tous les deux ans selon la bonne volonté des habitants à sur-consommer des planètes entières d&#8217;eau chargée en quantités macroscopiques de carbonate de calcium.</p>
	<p><span id="more-11"></span></p>
	<p>J&#8217;ai emménagé le 20 décembre dans cet appartement rénové entièrement il y a deux ans et déjà les robinets avaient la goutte au nez. Il y a deux semaines, le débit d&#8217;eau chaude s&#8217;est réduit de manière significative et le vendredi 20 avril le débit d&#8217;eau ne permettait plus au mécanisme de commande de la chaudière de déclencher le chauffage. Première douche glacée. Quelques jours avant, il fallait attendre jusqu&#8217;à plusieurs minutes que la chaudière se déclenche. J&#8217;appelle mon propriétaire qui me passe le numéro de son chauffagiste. Un gars bien sympa qui ne peut pas se déplacer le vendredi. Il viendra donc lundi 23 avril. Entre temps mes amis c&#8217;était dites moi ce dont vous avez besoin (d&#8217;eau chaude pardi) et je vous expliquerai comment vous en passer (en prenant des douches froides pardi !)</p>
	<p>Lundi. Le messie arrive avec une trousse à outils grosse comme au moins deux fois le truc nécessaire pour contenir tout le castorama du coin. Il a besoin d&#8217;un escabeau ou d&#8217;une échelle. Je.</p>
	<p>Le temps que je fouille dans ma cave pour trouver l&#8217;escabeau, la panne avait été diagnostiquée : l&#8217;échangeur à plaque mon bon monsieur, il est tout bouché il faut le changer. Ah. Et ca va prendre combien de temps cette affaire ? Bah vous savez, c&#8217;est une Wiesmann, c&#8217;est du haut de gamme, je commande aujourd&#8217;hui en arrivant au boulot et mercredi c&#8217;est bon, au pire jeudi. Ah. Et je fais comment en attendant ? Bah vous faites comme ce week-end, vous prennez des douches froides. Des douches froides. Voyons. Que je réfléchisse. Je crois pas non que je vais prendre des douches froides, va falloir trouver une meilleure idée. Ah mais je suis pas magicien moi mon bon Monsieur. Soit. Bon. D&#8217;accord. Vu comme ça. A mercredi alors. Non jeudi plutôt, on va se donner un peu de marge. On sait jamais. Jeudi. Bon. D&#8217;accord. A jeudi.</p>
	<p>En attendant j&#8217;organise ma vie, j&#8217;envoie des SMS de détresse à tous ceux qui sont répertoriés comme amis dans mon répertoire. Elle me répond. Comme toujours. Pas de problème Pierrot, vient prendre ta douche chez moi dans ma salle de bains qui ne ferme pas. Je. Quand le début d&#8217;un rêve commence à se réaliser qu&#8217;est-ce qui est pire : la douche froide ou le rêve qui fait semblant de se réaliser ?</p>
	<p>Donc voilà, l&#8217;homme est plein de ressources et quand il faut, plein d&#8217;amies serviables. Ca réchauffe le coeur à défaut de chauffer l&#8217;eau.</p>
	<p>Lundi je prend ma première douche chez Elle dont la porte de la salle de bains ne ferme pas. Ensuite je l&#8217;emmène au restau. Elle a une proposition à me faire. J&#8217;ai l&#8217;estomac qui me remonte dans le cerveau et qui m&#8217;auto-digère. bientôt je ne serai plus. Nous n&#8217;allons pas nous marier tout de suite.</p>
	<p>Mercredi, soirée jeux à l&#8217;Athmo. Je l&#8217;emmène au restau. C&#8217;était prévu depuis au moins un mois. Une proposition en l&#8217;air qui n&#8217;est pas retombée dans l&#8217;oreille d&#8217;une sourde. Elle l&#8217;a inscrit dans son agenda. C&#8217;est une sortie spéciale parce que c&#8217;est la première fois que je sors avec Elle. Je vais la chercher après son stage de théatre, elle me propose sa douche. J&#8217;accepte. Nous nous faisons propres et parfumés. Restau. Soirée magique. J&#8217;ai une proposition à lui faire mais mon estomac n&#8217;est pas encore redescendu. J&#8217;apprend qu&#8217;elle va partir de Metz. En juin je devrai lui dire Adieu. Soirée Jeux. Son nouvel amoureux est là. Apollon.</p>
	<p>Vendredi soir. Je suis convié chez Apollon à une soirée jeux privée. Je l&#8217;emmène avec moi. Lui et moi. Je perd. Je le ramène chez lui.</p>
	<p>J&#8217;appelle régulièrement, le mercredi, le jeudi, le vendredi : On sait pas ce qui se passe mon bon Monsieur, votre pièce a bien été commandée chez Wiesmann à Faulquemont, ils disent qu&#8217;ils l&#8217;ont expédiée par transporteur mais on ne l&#8217;a toujours pas. Si je l&#8217;ai demain ou dimanche (DIMANCHE !) promis, je viens au plus vite.</p>
	<p>Dont acte, pas de réparateur le samedi, ni le dimanche. Mon patron dans sa grande mansuétude et en aménageant mon bureau m&#8217;a prévu une douche à l&#8217;italienne avec des galets dedans, c&#8217;est joli et très agréable. Et finalement très utile. Je survis, propre et parfumé.</p>
	<p>Lundi 30 avril, jour de pont du 1er mai. Représentation de théatre à Meisenthal (57) à l&#8217;association Artopie. Elle joue. C&#8217;est une actrice. Je fais le déplacement. <em>J&#8217;irais jusqu&#8217;au bout du monde, si elle me le demandait&#8230;</em> (d&#8217;ailleurs elle me l&#8217;a déjà demandé et je n&#8217;y suis pas allé, ce n&#8217;était pas exactement le bout du monde. Je suis un romantique pointilleux.) Coup de téléphone : mon bon Monsieur ? Oui c&#8217;est le réparateur de la chaudière. C&#8217;est bon, j&#8217;ai la pièce. Ah. Bon. c&#8217;est bien ça&#8230; Je peux passer ce soir vers 17h, 17h30. Pas possible. Je dois voir la femme de ma vie faire l&#8217;imbécile sur une scéne, vous pouvez pas venir un autre jour, demain par exemple, vous pouvez demain ? Demain !!! Vous travaillez vous demain ? ... Jeudi alors, je peux arriver une nouvelle fois en retard au boulot et vous attendre, vous en auriez pour longtemps ? Pfiou, mon bon Monsieur, au moins une petite heure si tout se passe bien pis de toutes façons jeudi c&#8217;est pas possible ; alors d&#8217;accord, je viendrai demain. Wouah, merci, ça c&#8217;est du dévouement, ça c&#8217;est de la conscience professionnelle, bientôt avec S. au gouvernement, vous serez récompensé pour vos efforts, vous gagnerez plus puisque vous travaillez plus. A demain alors et encore Merci. Moi en attendant je vais prendre une nouvelle douche chez Elle. Elle a son copain à la maison. Il faut que je rencontre son copain, c&#8217;est un gladiateur. Ca fait trois mois qu&#8217;il la retiens dans ses rets. J&#8217;ai toujours un peu peur qu&#8217;elle fane quand elle ne change pas l&#8217;eau de son monde assez souvent. Pour l&#8217;instant elle va bien, c&#8217;est lui qui souffre un peu. Mais ça va aller mieux un jour.</p>
	<p>Douche. Départ automobilistique en covoiturage pour sauver des planètes. Arrivée à l&#8217;heure. Elle se prépare, concentration. Faire l&#8217;imbécile n&#8217;est pas à la portée de tout le monde. Convaincre les imbéciles qui regardent est une tâche rude. Les imbéciles qui regardent savent toujours mieux que les autres comment il convient de faire. C&#8217;est pour ça qu&#8217;ils restent en bas à regarder, comme ils savent eux, ce n&#8217;est pas nécessaire qu&#8217;ils s&#8217;y collent.</p>
	<p>Spectacle. Fabuleux puisqu&#8217;Elle est là et qu&#8217;Elle est belle. J&#8217;ai toujours peur de ne pas être tout à fait objectif. Mais là bon. Tout le monde est d&#8217;accord avec moi. C&#8217;est obligé.</p>
	<p>Fin du spectacle, bière, potée, bière, potée, bière, potée partagée avec Elle, bière, jeux de société. Je perd. Retour. 4h du matin. Le chauffagiste arrive à 9h. La pièce, flambant neuve n&#8217;est pas la bonne.</p>
	<p>Il accepte de faire ce qu&#8217;il aurait pu faire depuis une semaine : nettoyer la pièce en place à l&#8217;acide pour me donner quelques jours de répit. Deux heures, il repart, je prend ma douche chez moi et j&#8217;ai la désagréable surprise de constater que l&#8217;eau chauffe par intermittence. C&#8217;est cyclique en un sens. Un coup c&#8217;est chaud puis c&#8217;est tiède, puis chaud, puis&#8230;</p>
	<p>Ce soir Elle joue de nouveau. Avec Apollon. Apollon aussi est acteur. J&#8217;ai déjà vu leur spectacle. C&#8217;est beau et ça cartonne. Le chapeau c&#8217;est <em>A trop souvent fermer la porte à ses erreurs, on laisse parfois la vérité dehors.</em> C&#8217;est expérimental et ça s&#8217;appelle <em>Louis</em>.</p>
	<p>Je pronostique la mort de la chaudière complète avant qu&#8217;il revienne pour changer la pièce qu&#8217;il aura commandée à nouveau.</p>

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		<title>Elle</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Nov 2006 22:14:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Elle]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le centre Pompidou à Metz est le seul édifice architectural dénué de toute recherche architecturale. Elle sort toujours de son bain avec des avis définitifs. Le bain c'est un truc qui permet de faire décanter ses idées. On se plonge là dedans et on en ressort clair, la lie dans le fond file avec la flotte. Chez elle les idées aussi décantent dans le bain.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p>Le centre Pompidou à Metz est le seul édifice architectural dénué de toute recherche architecturale. Elle sort toujours de son bain avec des avis définitifs. Le bain c&#8217;est un truc qui permet de faire décanter ses idées. On se plonge là dedans et on en ressort clair, la lie dans le fond file avec la flotte. Chez elle les idées aussi décantent dans le bain.</p>
	<p><span id="more-9"></span></p>
	<p>Elle est consciente de la pauvreté de sa culture générale alors elle écoute France Inter. La radio des gauchistes qui attendent que Moïse se réveille dans Besancenot. En attendant c&#8217;est Pompidou le pauvre qui se retourne dans sa tombe, des experts aux avis tranchés elle choisit toujours les pires, les plus froids, les plus pessimistes. Les pessimistes ont toujours raison, imaginer le pire c&#8217;est déjà savourer l&#8217;instant où on se verra répondre &#8220;tu vois que je te l&#8217;avais bien dit !&#8221;.</p>
	<p>Je me suis relevé, amoureux, un soir d&#8217;avril. Elle sait ouvrir les yeux des plus confiants, tu crois que la vie te sourit et elle, petit rat, te retourne la tête d&#8217;une claque ajustée au millimètre. Elle m&#8217;a parlé de sa peinture et de ses amants, de son manque de culture et de ses rêves. Elle déteste être à la traîne. Elle est comme ça, mon amoureuse, une boule de nerfs qui croit en ses rêves, qui n&#8217;a besoin de personne et qui n&#8217;aime pas les hommes quand ils succombent les premiers. Alors j&#8217;ai bien essayé de resister, de trouver des arguments mais cette fille tu peux toujours essayer de t&#8217;accrocher au bastringage, quand ça tangue, tu as plus de chances de passer par dessus bord que la voir t&#8217;entreprendre les angoisses génitales à petites lêvres rabattues. Elle est libre dans sa tête. Libre dans son corps. Persuadée. Absolument : Il y a des hommes pour coucher le premier soir, d&#8217;autres avec qui il faut ménager les convenances, attendre un peu plus longtemps, pas leur froisser l&#8217;éducation. Et puis il y a toi, mon pelot, toi dont on ne sait quoi faire. Tu erres dans la vie de femelles en espoirs et il y en a toujours une comme moi pour te récupérer, pétri de contradictions. On ne peut pas être amoureuses mon pauvre. Juste de bonnes amies, des confidentes, au mieux, de très bonnes amies. Tu es de ceux à qui on raconte tout, sans tricher, sans se cacher, sans craindre le jugement, tu seras mieux toute ta vie dans mon carnet d&#8217;adresses que quelques heures dans mon lit. Non pas que tu sois laid, non, tu serais même plutôt raffiné, un peu le prototype de l&#8217;homme idéal, bon ami, bon confident, bon père. A peine élégant mais cultivé, ça, on le nie pas.</p>
	<p>Tu m&#8217;impressionnes Pierre, constant dans la durée, fiable, loyal, respectueux, attentionné et compréhensif. Tu me comprends quand je te parle et puis toi aussi tu me parles, tu m&#8217;expliques, tu me soutient, tu m&#8217;aimes et tu me trouves belle. Tu crois en moi. Tu seras bien dans ce rôle de l&#8217;amoureux transi par la peur de se faire écarter. Ecartellé par l&#8217;amour et la compassion, déchiré par l&#8217;envie de plaire et de faire plaisir. Tu ne veux pas qu&#8217;on t&#8217;oublie Pierre et on ne t&#8217;oubliera pas. Jamais. Cette indéffectible amitié de ceux qui se comprennent, qui partagent tout, qui s&#8217;aident, qui se soutiennent, qui s&#8217;encouragent. Mais qui ne baisent pas. On gâcherait tout mon Pierrot si on couchait ensemble toi et moi, je serais déçue au point de ne plus te considérer, de l&#8217;amant que tu serais devenu je voudrais le pire. Je suis une femme à hommes, une salope, une vraie et qui s&#8217;assume. Si j&#8217;avais voulu te sauter tu n&#8217;y aurait pas résisté, je t&#8217;aurais mangé, il ne serait rien resté de toi. Même pas la fierté de m&#8217;avoir eue dans ton lit. Ce que j&#8217;exige de mes amants je n&#8217;oserais jamais le demander à mes amis, je n&#8217;imagine même pas de le faire. J&#8217;ai peur Pierre, peur de te perdre, peur de perdre encore une fois ce que j&#8217;ai déjà perdu si souvent.</p>

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